Un singe, mon oeil

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Qui singe qui?

Dans le regard du Langur doré,- dont l’espèce est en voie de disparition, en Inde et au Bhoutan-, il est difficile de ne pas voir le miroir de notre propre humanité.

"Automat"d'Edward Hopper

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Chaise vide en attente, peut-être,… d’une mère… qui viendrait par ce chemin de lumière, bordé d’une double rangée de lustres. Immense surface vitrée de la nuit. Sombre. La jeune femme a déposé un gant sur la table ronde. Courbes de son visage, de son chapeau, de la corbeille de fruits et du sentier lumineux des lampes, ou comment arrondir les angles de la mélancolie. Vacuité ténébreuse et sans fard d’un espace mental réduit à l’attente. Quelqu’un pourrait venir ou a déjà disparu, laissant à sa solitude celle qui tient plus à sa tasse que sa tasse ne tient à sa main dénudée. C’est un tableau lumineux et froid qui dit la nostalgie des Annonciations flamboyantes de Fra Angélico. Théologie négative: nulle présence, ici, d’un ange qui dirait la Bonne Nouvelle à cette femme, limitée à la fonction triste de « l’Automat  » puisque c’est le titre que le peintre donne à sa toile, comme si la récente introduction des distributeurs automatiques de boissons dans les restaurants américains avait déteint sur elle, la réduisant à une chose sans âme. Elle pourrait, si elle sortait de son silence, dire ces vers du Coup de dés de Mallarmé :

« Rien n’aura eu lieu que

le lieu

dans ces parages du vague

en quoi toute réalité se dissout

excepté peut-être une constellation

froide d’oubli et de désuétude… »

Le charme Hopper.

Cadence

Pourquoi, au petit matin, tenter de se souvenir des images du rêve de la nuit: la mer cherche-t-elle à revenir, elle, sur les vagues qui, les unes après les autres, s’abattent sans cesse sur le rivage?

Quand le pou papote

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Sur l’origine du langage, de multiples hypothèses ont été proposées. Celle soutenue, en 1996, par l’anthropologue Robin Dunbar, dans son livre : Grooming and gossip, est très séduisante : la langue serait le substitut de l’exercice de l’épouillage, pratiqué par les grands singes, comme forme de lien et de maintien des alliances entre congénères. Mais comme cette activité ne peut être exercée que de proche en proche,- un à un finalement-, ce toilettage ne peut assurer de cohésion sociale qu’à l’intérieur de groupes de taille réduite.

Aussi, dans une perspective d’élargissement à de plus vastes communautés, humaines, cette fois, la parole se serait alors substituée à l’épouillage, non comme véhicule d’un contenu d’informations, mais comme activité de papotage, de commérage et autres bavardages, façon, chez l’homo sapiens, de créer et de maintenir du lien social à une échelle très élargie.

Ainsi, parler pour ne rien dire serait alors, chez les humains, le strict équivalent de la pratique de l’épouillage, chez les primates

Jamais l’expression : chercher des poux dans la tête du voisin n’ aura été aussi appropriée !

La faiblesse de cette théorie est qu’il faut imaginer le papotage comme antérieur à tout langage parlé. Or, parler pour ne rien dire suppose déjà la maîtrise de la langue , ce qui renvoie alors la question de son origine à une autre supposition

Cercle vicieux donc car, pour papoter, il faut déjà savoir parler et pour s’épouiller, il faut déjà être habile de ses doigts.

Rousseau , cet autre théoricien du langage, avait fort bien repéré cette impasse logique, cette aporie, quand il souligne dans son Essai sur l’origine des langues que « la parole paraît avoir été fort nécessaire pour établir l’usage de la parole. »

Passage à vide

Image associée

Sur le sentier douanier longeant la côte, apparaît , soudain, en hauteur sur le roc, un portillon de bois, tenant seul sur ses dormants, scellés à la seule et fragile maçonnerie du vent: l’enclos, auquel il devait ouvrir l’entrée, à disparu. Ce portillon est un orphelin . On le contourne à souhait, tenté, presque, de poser, tout en bas, le pied sur le terrain de la mer, cette prairie houleuse, livrée à l’âpre manducation des moutons d’écume qui, en tous sens, la foulent. On dit que la partie centrale d’une porte s’appelle une âme : difficile, ici, de pousser celle de ce portillon , ouvert sur le vide, sans perdre aussitôt la sienne dans les flots qui n’attendent qu’une tempête pour, violemment, l’abattre.

Faune

Hadès devient chèvre quand il perd ses faunes dans les profondeurs des Enfers : c’est tout un pan du monde des ténèbres qui s’effondre avec cette privation de l’oeil oblique de la bête humaine, demi-dieu dansant au son aigre de sa flûte et du martèlement, sur la pierre infernale, de ses sabots fendus.

Panacée

Panacée, fille d’Asclépios, dieu de la médecine, est une déesse qui prodigue aux hommes des remèdes par les plantes. Devenu nom commun dans la langue, la panacée est le remède universel à tous les maux. D’où, le pléonasme assez fréquent de « panacée universelle ». Mais à y regarder de près, Panacée à une rivale redoutable : la Mort qui, en tant que remède universel à tous les maux, vous plante à tous les coups en deux coups de cuiller à pot!

Panne assez durable, la Mort, pour vous assurer une guérison définitive de la maladie de la vie!