Entre chien et chat

Le chien manifeste toujours de l’affection pour son maître, la pire crapule soit-il.

Le chat , indifférent, reste sourd aux ordres que ce dernier aboie.

L’homme est un chien servile que parfois, sans collier, un chat traverse.

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Je vous salue, marri

Notre -Dame de Paris

La flèche de Notre-Dame qui, en proie aux flammes, soudain, s’effondre sur le trottoir de Paris, c’est aussi la plume métallique de Victor Hugo qui, dans l’embrasement de son imaginaire, s’écrase sur la bosse noircie de Quasimodo, voûte humaine réduite, elle aussi, à la disgrâce et au débris.

Ce n’est pas avec l’eau puisée dans la Seine qu’il aurait fallu asperger la Cathédrale en feu : seule, l’eau bénite et miraculeuse de Lourdes, fluide marial, aurait pu, d’un seul jet, éteindre les flammes dont le Malin, coutumier de l’éternel brasier, est assurément à l’origine.

Comment, sans lever le petit doigt, le fils du charpentier de Nazareth a-t-il pu laisser s’embraser les chênes centenaires qui soutenaient la voûte sacrée d’un édifice, élevé à la gloire de Marie, sa Vierge Mère ?

Impuissance du Christianisme qui laisse, dans l’indifférence absolue du Ciel, brûler le symbole architectural de la Beauté et de la Perfection divine.

Impuissance du Judaïsme qui laisse, sans panache, monter vers un Ciel vide, l’exhalaison des chairs sacrifiées des fours crématoires d’Auschwitz.

Impuissance de l’Islam qui, malgré le rire sardonique de ses archanges noirs, venus d’un Ciel justicier, croient, avec l’effondrement des Tours Jumelles, mettre le feu à la mécréance de l’Occident et à la superbe du Capital.

Feues, les Religions du Livre.

La supposée véritable couronne d’épines qui aurait, dit-on, coiffé la tête du Nazaréen, a échappé, par miracle, aux flammes de l’incendie qui a dévasté Notre-Dame de Paris. La perte de ce fétiche aurait été considérable pour des fidèles qui voient, dans ce symbole de l’abaissement, le reflet de leur propre image humiliée.

« Et le cinquième Ange sonna…Alors j’aperçus un astre qui du ciel avait chu sur la terre. On lui remit la clef du puits de l’Abîme. Lorsqu’il eut ouvert ce puits, il en monta une fumée comme celle d’une immense fournaise – le soleil et l’atmosphère en furent obscurcis… » C’est la nuit de l’Apocalypse sur les quais de Seine, et Notre-Dame s’embrase dans une Assomption d’Enfer, trou béant offert au Ciel pour les prières des croyants qui tombent à genoux dans la sidération d’une pluie de cendres et d’étincelles mariales.

Notre-Dame sera reconstruite pour les Jeux Olympiques : le javelot de la Flèche flambant neuve tombera, à point nommé, sur les lignes de secteur tracées par les exigences du Marché.

« J’avais complètement oublié la religion et j’étais à son égard d’une ignorance de sauvage…Tel était le malheureux enfant qui, le 25 décembre 1886, se rendit à Notre-Dame de Pari pour y suivre les offices de Noël…Les enfants de la maîtrise en robe blanche et les élèves du petit-séminaire de Saint-Nicolas -du-Chardonnet qui les assistaient, étaient en train de chanter ce que je sus être plus tard le Magnificat. J’étais moi-même dans la foule, près du second pilier à l’entrée du choeur à droite du côté de la sacristie. Et c’est alors que se produisit l’événement qui domine toute ma vie. En un instant mon coeur fut touché et je crus. Je crus, d’une telle force d’adhésion, d’un tel soulèvement de mon être, d’une conviction si puissante, d’une telle certitude ne laissant place à aucune espèce de doute, que, depuis, tous les livres, tous les raisonnements, tous les hasards d’une vie agitée, n’ont pu ébranler ma foi, ni, à vrai dire, la toucher. »

Le feu, à cet instant, prenant, soudain, près du deuxième pilier, aurait-il été pour Claudel la manifestation flamboyante du Saint-Esprit confirmant sa brutale conversion ou n’aurait-il, été, pour le poète, que l’occasion d’une fuite précipitée dans l’urgence de sauver bêtement sa vie, loin de tout souci de salut spirituel ?

A quoi tiennent donc les convictions religieuses dont on dit qu’elles sont serties sur le pilier d’une foi inébranlable ?

Bises billes

Macron et les Gilets Jaunes, couple parfait qui vérifie , au mot près, la définition que Lacan donne de l’amour: « Donner ce qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas. »

Parole d’évangile

Rendez donc à Césaire ce qui appartient à Césaire:

« N’y eût-il dans le désert

qu’une goutte d’eau qui rêve tout bas,

dans le désert n’y eût-il

qu’une graine volante qui rêve tout haut,

c’est assez,

rouillure des armes, fissure des pierres, vrac des ténèbres,

désert, désert, j’endure ton défi,

blanc à remplir sur la carte voyageuse du pollen. »

« 

Au rat des moustaches

38 millisecondes , c’est le temps de réaction exceptionnellement court qui permet au rat-kangourou d’échapper à l’attaque du crotale et, fuyant, de le mettre dans sa poche!

Réflexe de survie, quatre fois plus rapide que clignement d’un oeil humain!

Et la Camarde, alors, ce serpent à sans sonnette, cet oiseau au long bec qui s’en bat l’oeil, de l’homme et de ses affres, personne, pas même un rat d’opéra pour, dans la fulgurance d’un salto arrière, la mettre en porte à Faux et, rigolard, la renvoyer à ses chères études ?