Oiseaux

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En 1871, dans la Filiation de l’Homme, Charles Darwin avance que le sentiment esthétique, le sens de la beauté, est, déjà, à titre d’ébauche, présent chez les oiseaux. Comment sinon, expliquer, selon lui, le choix de la femelle du faisan Argus qui craque littéralement devant les postures extraordinaires du mâle lors de sa parade nuptiale, gestuelle sophistiquée qui lui permet ainsi d’exhiber, dans toute sa plénitude, l’admirable beauté de son plumage ?

S’il est évident que c’est le sentiment humain de la beauté qui donne une antécédence nécessaire au sentiment esthétique chez l’animal, il n’en demeure pas moins, qu’au nom de l’évolution, cette ébauche du sentiment du beau, chez l’oiseau, est nécessaire pour rendre compte du plein épanouissement de cette aptitude, chez l’homme.

Plume pour plume, Saint-John Perse rendra hommage à nos lointains ancêtres des airs en écrivant Oiseaux, parade littéraire de toute beauté répondant en écho- ou en rivalité dans la parade, – (mais alors pour quelles lectrices, quelles spectatrices?), aux lithographies de « L’Ordre des oiseaux » de Georges Braque ?

« L’oiseau, de tous nos consanguins le plus ardent à vivre, mène aux confins du jour un singulier destin…L’oiseau, hors de sa migration, précipité sur la planche du peintre, a commencé de vivre le cycle de ses mutations. Il habite la métamorphose.Suite sérielle et dialectique.C’est une succession d’épreuves et d’états, en voie toujours de progression vers une confession plénière, d’où monte, enfin, dans la clarté, la nudité d’une évidence et le mystère d’une identité : unité recouvrée sous la diversité. »

Legs

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Sur une pale de la double hélice de l’ADN, l’héritabilité de l’atrabilaire, son courroux.

Prises de bec

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Les jeunes mouettes obtiennent la nourriture de leurs parents en tapant, avec le bec, sur le point rouge qu’ils portent eux-mêmes sur leur propre bec .

Un simple morceau de carton, découpé à l’effigie d’une tête de mouette adulte, provoque la même supplique de la part des petits : encore faut-il qu’il y ait le point rouge pour que le bec y pique..

Une mère hindoue, avec le point rouge au-milieu du front, ferait-elle le même carton auprès de son nourrisson ?

De la dinde à la dune

Pour refroidir l’enthousiasme des Créationnistes qui voient, dans tout comportement animal, la marque intangible d’une perfection divine , le généticien Richard Dawkins se plaît à raconter une histoire de dinde fort édifiante .

La règle,- le dessein divin-, veut que les mères dindes protègent les maraudeurs qui s’approchent de leur nid en attaquant tout ce qui bouge à moins que les pillards ne fassent le même bruit que celui d’un bébé dinde.

Une fois, une mère dinde tua sauvagement ses petits , car, étant sourde, elle était dans l’incapacité de distinguer leurs glouglous spécifiques.

Pour le système nerveux de cette dinde, les prédateurs étaient des objets qui bougeaient sans émettre le cri du bébé dinde. Ces derniers, bien qu’ils aient eu l’apparence, le comportement et la même course de confiance vers leur mère, ont été massacrés par elle car, ne pouvant pas entendre leur cri caractéristique, elle ne les a pas reconnus, victime, elle-même, de la définition, fort rudimentaire, qu’elle avait d’un prédateur: il faut du glouglou, sinon c’est le carnage !

Pour les partisans de la secte islamiste, Bokoharam,- « l‘éducation occidentale est un péché »-, les chrétiens, les mécréants ou les musulmans modérés, sont les dindons de la farce : faute d’être reconnus, en raison du caractère spécifique de leurs vêtements, de leurs chants, de leurs pratiques et de leur comportement domestique, comme ayant le même glouglou que les gallinacés salafistes appartenant à la basse-cour d’un petit coq du désert, ils sont les victimes d’un gourou, sourd et borné, à la définition fort rudimentaire, et mortifère, en terme de croyance, d’incroyance ou de liberté de conscience !

Du glouglou Haram, sinon la mort!

Le bât de soi

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Vieillir, c’est chaque jour, faire le deuil de l’éclat de sa jeunesse qui s’arc-boute pourtant toujours en soi.

La vieillesse est un oxymore puisqu’elle fait tenir ensemble et l’écoulement du temps et l’aplomb d’une identité sans faille.

On est toujours identique à un soi qui toutefois fuit de toutes parts en soi.

Se regarder dans le miroir ne devrait regarder que soi mais le souffle de l’autre se plaît malicieusement à le recouvrir de sa buée.

La vieillesse est une expérience de la pauvreté, un automne en soi dont, en silence, les feuilles tombent une à une à terre et disparaissent avec le vent.

La vieillesse atterre, plus que la mort qui n’a pas le temps de se voir vieillir, elle.

Vieillir se voit en contraste avec l’enfance qui n’ a du présent que la richesse de l’instant donné, pas le temps compté à l’horizon de l’ardoise .

C’est l’heure du bilan, vieillir, mais aussi le bilan de l’heure elle-même : a-t-elle été assez dense, assez puissante et pleine qu’elle rende à la vie donnée le poids et la beauté de sa luxuriance ?

Vieille ire, peut-être mais cette colère est sans adresse sinon celle du désarroi d’être sans appui ni consolation.

La vieillesse, c’est dans la tête, dit-on. Pourquoi ne dit-on jamais cela de la jeunesse ? L’âge mûr, tenaillé par le démon de midi a, quant à lui, la tête ailleurs.

Heureusement que, grâce à la mort, vieillir a une fin sinon l’éternité serait un tel lamento que les anges eux-mêmes sombreraient dans la mélancolie la plus noire.

La maladie se plaît au vieillir, c’est son vivier.

Le corps quand la vieillesse l’habite, c’est dur. Mais pas toujours.

Le désir ne connaît pas la vieillesse mais la vieillesse connaît le désir, ses soubresauts, ses soupirs.

Voir un chien courir à toute allure dans les franges moussues des vaguelettes qui lèchent le rivage : son ardeur, sa dépense absolue, sa joie.

Pourquoi dit -on « chienne de vie » sur qui le malheur s’abat ?

Vieillir a ses charmes, la forêt aussi, qui n’en fait pas une maladie.