Nuit

Silence du linceul. Nuit.

Mort enfin de tout espoir.

Nuit. Les heures pour les autres.

 

Amour du semblant. Vide

Et désolation de la nuit.

Le sens est muet.

 

Visage aimé, nuit.

Le corps à coeur, vain.

Les mots pour les autres.

 

Le désir des soies,

Nuit, le frémissement des lèvres.

Suaire, ses plis.

 

Au-delà des formes fuies,

La douleur, mère perdue.

Souffrance pour les autres. Nuit.

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Au plus près

Je suis au plus près dans le mot suivant

Et déjà m’enfuis, le disant. L’aube suit

Sa nuit et laisse au jour la trace de son oubli.

 

Je suis au plus près dans le mot suivant

C’est l’enfant qui point et meurt à la ligne.

Sur l’eau sombre est l’ombre du cygne.

 

L’oiseau est au plus près de l’envol du mot

Suivant la courbe du vent, son ascendant.

Le ciel est odieux, vertige des ailes veules.

 

Je suis au plus près dans le mot suivant,

C’est moi dont on dit l’image en son reflet.

Le regard vient d’ailleurs, d’un autre feu.

 

Et la voix dans le mot suivant attend son plus près

Ele dit l’absence au corps le plus près, son geste

Est à la corde et touche à la gorge son noeud de serre.

 

Les mots sont au plus près dans la bouche des morts

Aux dents livides la herse tombe et la nuit se tait.

L’arbre suivant sa ligne est dans l’ordre des mots.

 

Je suis le suivant au plus près dans le mot de la mort

Le silence est un lit aux draps de suie, nappe nue.

Et la parole enlevée, m’absente, toute bouche tue.