Pas de veine pour les singes

Pas de chance pour le vène, cet arbre africain, rose et brun foncé qui , en raison d’un abattage à outrance, quitte le sol de ses forêts d’origine pour revêtir celui des demeures cossues de nantis en veine d’aspiration écologique. Animal, on naît moins mal, paraît-il ! Les gorilles, dit-on, reprennent du poil de la bête et, pied au plancher, accélèrent l’allure pour leur repopulation: mais si le vène tombe à tout va, ne va-t-il aussi entraîner dans sa chute le nid du grand singe ?

Globe, au cul l’air

L’opprobre jeté sur les énergies faux-cils ne fait que maquiller, au regard de la bio-diversité qui paie en espèces, le désastre déjà survenu d’une planète dévastée par l’appât rance du profit.

Larme à l’oeil

Dans les jungles les plus reculées d’Amérique Centrale, la pluie ne contient qu’un faible taux de sodium. Aussi, peut-on voir des papillons, en quête de cet élément nécessaire à leur hydratation, boire les larmes des tortues qui, amènes, laissent, autour de leurs yeux mouillés, battre les ailes diaphanes de la détresse ailée.

Le sel du chagrin, vite aspiré, selon Jules Renard, par ce billet doux plié cherchant une adresse de fleur…

Ces papillons folâtres se risqueraient-ils, pour autant, sensibles aux gémissements des crocodiles, à boire aussi les  larmes de ces reptiles effrayants  dont la légende raconte que, sur les bords du Nil, ces bêtes à la gueule béante ne versaient des pleurs que pour attirer leur proies et mieux les dévorer ?

Larmes de crocodile, hypocrite attitude…

On peut compter sur le sang-froid des insectes cristallins pour ne pas succomber aux langueurs lacrymales des caïmans. Le choix des larmes leur appartient en propre. C’est à la tortue seule,- ce reptile à carapace, au regard humide et doux-, qu’ils laissent le soin d’apaiser leur soif d’éphémère légèreté .

Debout, sursis deux jambes

Qu’on puisse, au cours d’une marche, être soudain, lâché par une jambe, en dit long sur la confiance à accorder à son corps dont les Grecs n’avaient pas tort , dans la langue attique, de faire résonner le soma avec le sèma, soit le corps avec le tombeau.

Le chute d’une voyelle et le corps, sur une jambe, passe à la  tombe.

Trié sur le violet

Troublante expression dans la bouche d’une ancienne victime d’un curé pédophile qui rapporte, qu’à l’occasion de son témoignage devant une assemblée d’évêques réunis à Lourdes, la majorité des prélats , plutôt que vouloir lui chercher des crosses, « s’est laissé toucher » par ses déclarations !

Confirmation, miraculeuse, sans doute, de l’adage de Lacan qui affirme que « l’amour est toujours réciproque »…

Pas de quartier, car chair

Dans les boyaux de Verdun, pris à l’ennemi, les nettoyeurs de tranchées avaient pour mission, comme le nom l’indique, d’achever à la baïonnette les soldats  allemands trop grièvement blessés pour être faits prisonniers. 

Râles dans les trachées, ouvertes à l’agonie, par des frères d’armes que la mort en uniforme conduit par la main.

Dans les yeux du tueur en série, que le meurtre légalisé pour la patrie affole, le regard d’effroi de la victime qui voit soudain sa vie, dans un dernier coup de Rhin, s’enfuir sous le coup de grâce d’un ennemi de hasard, compagnon de misère, promis, lui aussi, bientôt, en guise de revanche, au même geste absurde de cruauté. 

Pétain de guerre.