Maïeutique

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Pourquoi ne pas demander à une sage-femme d’accompagner l’agonisant vers sa dernière de-mort alors qu’on la sollicite pour accueillir le nouveau-né dans sa première de-meure?

Achille, une flèche

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Fils de la déesse Thétis et du mortel Pélée, roi de Thessalie, Achille est un demi-dieu que sa mère voulut rendre immortel en le plongeant dans le Styx, le fleuve des Enfers.

Mais comme elle le tenait par le talon droit pour l’immerger dans les eaux sacrées, cette partie du corps échappa aux vertus de l’immortalité et restera , pour lui, son point faible, sa zone de fragilité, son talon d’Achille.

Un oracle lui ayant prédit qu’il aurait une vie brève mais glorieuse et qu’il trouverait la mort à la guerre de Troie, il différa pendant 9 ans son engagement militaire.

Déguisé en femme, et surnommé Phyrra, la rouquine, il se cache alors à la cour du roi Scyros en partageant la vie des filles du roi.

Ulysse, le rusé, l’anti-Achille, découvrira le pot-aux -roses et l’obligera à aller se battre sous les murs de Troie. Il s’illustre alors par de nombreux faits d’armes mais est mortellement blessé au talon par une flèche empoisonnée que lui décoche Pâris, le frère d’Hector, qu’Achille avait tué.

Il meurt, alors, touché à l’endroit du corps que la main de Thétis, sa mère, avait soustraite aux eaux miraculeuses du Styx.

A vouloir trop préserver, on fragilise: il meurt, finalement, de la main de sa mère.

Au héros glorieux de l’Illiade,- mais à la vie brève et tragique-, il vaut peut-être mieux préférer l’antihéros du journal Pilote, Achille Talon, brave mortel que le dessinateur René Goscinny décrit comme « un homme, un peu froussard mais plein de bonne volonté et qui n’hésite jamais à se jeter à corps perdu dans les situations les plus difficiles avec une remarquable inefficacité ! »

Remarquable inefficacité!, soit la situation de chacun, obstiné à réussir sa vie, comme on dit, alors que le couperet de la mort attendue en signe l’inanité et la défaite inexorable.

Tout le monde au tapis, in fine, même le plus grand entrepreneur

De quoi?

Rupture radicale, s’il en est, avec le modèle prestigieux d’Homère mais il est sans doute plus facile de s’identifier au fragile mortel, Achille Talon, dont tout en lui est vulnérable, qu’au demi-dieu Achille, quasi certain de son immortalité sans le faux pas de sa déesse de mère. 

Avec son désir d’immortalité, comme béquille supposée épargner à son fils la condition de tout être humain- la finitude-. finalement, elle n’a pas eu le bon geste…

Minute papillon

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Les mots ne sont pas les choses, seulement leur désignation arbitraire selon les langues particulières qui les nomment, sinon il n’y aurait qu’une seule langue, universelle, pour épuiser le Réel dans les filets de sa signification.

Les mots, des papillons qui volettent sans cesse, l’un chassant l’autre, sur le massif floral du monde, butinant le nectar des fleurs de rhétorique dont ils font leur propre miel, aveugles et sourds à la matière tremblante et indifférente qui les aspire.

Nous ne sommes que des mots, un souffle de voix sur du vide.

L’être, n’est-ce que lettres?

Poulie d 'or

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Sans doute, dans l’indifférence de l’être-là du monde dans lequel, par sa naissance, l’enfant tombe, la langue materne, elle, mais elle ne sera, d’emblée et pour toujours, qu’une langue étrangère car il ne fera que reprendre, en écho, des mots venus d’ailleurs que de lui, voix étrange, alors il est vrai, que celle de cet enfant dont on dit, amère ironie, que cette voix, timbrée par sa mère, lui est absolument propre et singulière, et qu’elle ne vient d’ailleurs que de lui.

Il appartient à la destinée humaine de ne parler que parce qu’on lui a d’abord parlé.

Pas de palimpseste de la langue pour le sujet parlant: impossible, pour lui, de trouver sa voix en voulant effacer l’écriture première dans laquelle il ne peut que, nécessairement, s’inscrire.

Coup double: parler en son nom, c’est d’abord s’inscrire dans le discours de l’Autre; se reconnaître comme soi, c’est d’abord s’aliéner à l’image de l’autre. Dans les deux cas, il faut réfléchir.

Libre à chacun de croire à son originalité aussi bien dans la conduite de son discours que dans la gouverne de son image.

Est-ce bien nécessaire?

On oppose généralement la contingence,-soit ce qui est aurait pu ne pas être ou être différent-, à la nécessité,– soit, ce à quoi on ne peut échapper. Illustration limpide de cette opposition des deux termes  : vivre est contingent, mourir est nécessaire.

J’aurais pu ne pas être ou être différent mais, une fois né, je ne peux échapper à ma nécessaire disparition .

Dans le courant philosophique du réalisme spéculatif, qui définit le réel comme ce qui n’ a pas besoin de nous- car la nature est indifférente à notre existence-, on soutient que l’univers est une pure contingence .

Il aurait pu ne pas être ou être différent

Mais c’est du même coup assurer l’obligation de son existence, de son être-là, puisque, selon ce postulat, il est alors impossible d’échapper à l’affirmation de la nécessité de la contingence!

A deux doigts de

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Quand il a voulu se lever de la banquette arrière pour sortir de la voiture, il a cherché un point d’appui en agrippant, de la main droite, le coin supérieur gauche de l’embrasure de l’habitacle, côté conducteur. Ce dernier, distrait, a, au même moment, refermé brutalement sa portière sur les doigts du passager.

On laisse au hurlement le soin de se perdre dans la grisaille d’un après-midi de janvier.

L’avantage de l’âge sur la fragilité de l’enfance est qu’il donne au squelette une capacité de résistance telle qu’il peut laisser au réel le loisir de vous taper sur les doigts sans, pour autant, les broyer nécessairement.

Les doigts coincés dans une portière de voiture: une expérience du trauma, cette présence irréfutable, indépassable du Réel que Lacan, pour une fois, définit tout simplement:

« Le réel, c’est quand on se cogne.« 

Paul Valéry dans « Mon Faust » adoucit un peu la donne:

« Ma main se sent touchée aussi bien qu’elle touche.Réel veut dire cela, rien de plus.«