Perle rare

Pour un enfant, un appui sûr, une force, une voie, un réconfort, une parole qui tienne: père, le rare.

Franco de porc

Sous le sable blanc de la plage ibérique, le crissement des coquillages sous les talons, écho assourdi de l’écrasement, sous la botte , des opposants à la dictature franquiste, maintenant réduits à la pulvérulence calcaire des fosses communes.

Prendre langue avec le Divin

S’il est vrai que le Coran est l’expression directe de la parole divine, il aurait été plus judicieux , de la part d’Allah, de confier sa Révélation à un dromadaire, à un serpent ou à un chacal plutôt qu’à un bédouin illettré.

En effet, la langue de Dieu étant, par définition, unique et donc, intraduisible, l’effet de stupeur, d’effroi , et par suite de sacré, aurait été d’autant plus certain sur les foules que, les animaux étant, jusqu’à présent, privés de la parole, leur soudaine appropriation du langage, privilège de l’humanité, aurait , une fois pour toutes , levé le doute, sur l’hypothèse, toujours possible, que les sublimes sourates auraient pu être élaborées par un cerveau humain …

Mais remontant la chaîne des Révélations, le Christianisme n’est pas en reste, non plus, avec son Christ qui, s’affirmant comme le Verbe du Père, prétend être à l’origine de toute création , donc aussi du langage, sans pour autant être, en quelque manière, embarrassé dans les rais de quelque système symbolique propre aux êtres parlants.

Le Verbe, dans toute sa splendeur, sans radical, sans affixes grammaticaux, sans modes, sans temporalité, sans aspect , sans voix…

Le Logos, pur.

Il a fallu, pourtant, qu’il l’élève à hauteur du menton, sa voix, et en araméen, s’il vous plaît, quand pendu au gibet qui le plombe, le Verbe implore un Père, sourd à son angoisse, d’un sursaut d’humanité…à son égard.

La palme au ridicule revient pourtant, sans conteste, au Judaïsme . En quelle langue, en effet, Yahvé et Moïse ont-ils bien pu parler , entre deux coups de tonnerre, lors de leurs longs entretiens, sous la tente, au sommet du Sinaï ?

S’il parle en hébreux, le Tout-Puissant perd la Face en empruntant un canal humain pour se dire.

S’il parle en hébreux, à son tour, qui assure à Moïse que le Tout-Puissant l’entende de cette oreille ?

Au sortir de la nuée obscure où était Dieu, Moïse redescendit les pentes de la haute montagne avec, sous les bras, les tablettes du Décalogue qu’il avait  écrites, sans fautes, sous la dictée du Très-Haut. : 

« Mets par écrit ces paroles !

Et Moïse demeura avec Yahvé, 40 jours et 40 nuits sans manger ni boire. Et il écrivit sur les tablettes les paroles de l’alliance, les 10 Paroles »

Moïse, sous la dictée de Dieu, pivot du Judaïsme.


L’Utopie de la mort

Le mot grec Hadès, généralement traduit par séjour des morts, serait constitué, selon une étymologie populaire, d’un alpha privatif et du radical eido : voir.

Hadès signifierait donc: qu’on ne voit pas, invisible.

Etrangement, dans sa construction et sa signification, un autre mot, d’origine grecque, lui- aussi, ressemble, trait pour trait, à Hadès: c’est Utopie: a/ topos, non-lieu, non localisable, invisible.

Une utopie: un projet qui paraît irréalisable car, justement, il n’y a aucun endroit, aucun lieu sur lequel il puisse s’établir.

La mort, ironiquement, un non-lieu, une utopie…parfaitement réalisable et toujours réalisée!

Mais, par manque d’éléments de langage, véritablement constitués, laissons Hadès à ses ténèbres et l’Utopie à ses chimères, et pour cette enquête lexicale, décidons de conclure à un non-lieu.

La mort, visiblement: un non-lieu.