Monter, des cendres

Feu ce dévot, phobique en diable, croyait à l’enfer comme un malade. Pour rien au monde, il n’aurait choisi la crémation pour tirer sa révérence ! D’abord, c’était subir injustement le sort des réprouvés et, surtout, c’était rendre beaucoup plus délicate l’opération de la résurrection des morts, le jour du jugement dernier ! Comment, avec des cendres, monter au ciel sans risquer les courants d’air ascensionnels et une éventuelle aspiration par les trompettes des anges ou le souffle de Dieu s’échinant, en ce jour glorieux, à fabriquer des corps imputrescibles à partir des chapelets d’os se précipitant à son appel !

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