D’une épidémie, l’autre

Déportés politiques à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit ...

Etrange destin du recours à l’utilisation de la reconnaissance faciale qui a conduit à l’extermination de millions d’hommes , de femmes et d’enfants, victimes du virus de l’idéologie nazie.

Modernisée, elle est maintenant utilisée pour préserver les populations des ravages de la contamination d’un virus naturel dont on ne peut dire, cependant, que son apparition ne soit pas soumise aux effets collatéraux d’une idéologie, marquée au coin, par la Loi, totalitaire aussi, de l’expansion mondialisée du Marché.

Croisement , à grande vitesse, sur les rails européens, des trains à bestiaux et des TGV d’acier : les uns conduisent à l’asphyxie, les autres, à la réanimation.

Trop explosif! On peut faire disparaître, en fumée, les registres du nombre exact des victimes d’une épidémie dans un grand pays totalitaire comme on a pu faire s’effondrer, à la dynamite, les crématoires des camps nazis: on ne chinoisera pas, sans doute, là-bas. On n’en fera pas un four pour autant!

Pas de couloirs aériens, organisés par les Gouvernement Alliés pour livrer, en masse, les tonnes de masques à gaz nécessaires pour, dans les chambres du même nom, éviter la mort aux victimes aseptisées des camps d’extermination, et proprement asphyxiées par les effluves du Zyclon B.

Quand Churchill se mouche dans le coude de Roosevelt, les postillons mortels de l’absolution finale retombent en pluie sur Tréblinka.

Ce n’est pas seulement un savon qu’il faut passer aux irresponsables politiques , organisateurs de la pénurie en matériel et en hommes, qu’ils déplorent à grands renforts de conscience malheureuse, de belle âme… Mais qu’est-ce qui, du Politique, coince à ce point, dans ce pays, qui a su, naguère, mettre en place une Sécurité Sociale si efficace et si admirable ?

Eichmann, en 1961, confiné dans sa cage de verre, lors de son procès à Jérusalem: un petit fonctionnaire falot, un anti-héros, banal et zèlé, appliqué, selon ses dires, à répondre avec efficacité aux ordres d’un Appareil d’Etat, l’ayant chargé de la logistique de la Solution Finale pour l’extermination des Juifs. Comment, faire disparaître au mieux une épidémie, aux risques planétaires, afin de préserver la pureté de la Race Aryenne, et tout cela , sans engager en rien sa responsabilité personnelle…

Virus de la lâcheté, qui à tous les étages de l’Administration Publique, pousse les hommes et les femmes politiques à céder sur la responsabilité, liée à leur fonction, ministérielle ou autre, afin de préserver leur ambitions et leurs intérêts personnels: devenir, en pleine lumière, maire d’une grande Capitale Européenne, compte sans doute plus que l’obscure et austère mise en place d’une politique nationale de Santé Publique, destinée à préserver des milliers de vie des ravages d’un virus particulièrement agressif…

« Nous sommes en guère! », de masques, de médicaments, de respirateurs, de lits, de soignants, mais pas de crainte, les stratèges sont aux manettes sur les cartes dépliées du champ de bataille de la pénurie…

« Restez chez vous ! » Qui a eu, pendant la guerre, le courage et la volonté d’une mise en œuvre d’une telle injonction de salut, à l’échelle internationale, pour éviter la déportation et l’exécution des victimes de l’Holocauste ?

Gestes barrière à Auchzwitz-Birkenau : les barbelés électrifiés du camp d’extermination.

Se tenir à un Maître : la seule rentabilité, le profit.

Imposture du discours officiel: un tissu de mensonges pour occulter une incurie d’État.

Elle ne manque pas d’air, cette volonté d’extermination qui, dans les deux cas, d’une épidémie raciale ou d’une épidémie naturelle, va se cacher au plus profond des poumons des hommes !

Pas d’ennemis, aujourd’hui, pas de déclaration de guerre officielle : juste une pandémie, la race pure du Corona virus, encore paré de l’innocence de sa virginité venimeuse.

Le confinement d’Anne Franck s’ouvre sur Bergen-Belsen. Elle y meurt du typhus, en février 45 : ses pages respirent encore.

Dans l’une, on prend un soin extrême à l’organisation rationnelle et scientifique de l’extermination de masse ; dans l’autre, avec le souci, cette fois, de la préservation maximale de la vie , c’est encore au discours des experts qu’on renvoie mais pour voiler, aujourd’hui, le silence assourdissant du discours politique, mis en tutelle par le discours de la Science : c’est à Rousseau qu’il faudrait faire appel pour la mise en place d’un nouveau Contrat Social !

Clémenceau, sous la mitraille, était dans les tranchées ; le président actuel préfère l’artère de la trachée, voie plus sûre de la réassurance narcissique du discours guerrier d’apparat.

Une réflexion sur “D’une épidémie, l’autre

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