"Automat"d'Edward Hopper

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Chaise vide en attente, peut-être,… d’une mère… qui viendrait par ce chemin de lumière, bordé d’une double rangée de lustres. Immense surface vitrée de la nuit. Sombre. La jeune femme a déposé un gant sur la table ronde. Courbes de son visage, de son chapeau, de la corbeille de fruits et du sentier lumineux des lampes, ou comment arrondir les angles de la mélancolie. Vacuité ténébreuse et sans fard d’un espace mental réduit à l’attente. Quelqu’un pourrait venir ou a déjà disparu, laissant à sa solitude celle qui tient plus à sa tasse que sa tasse ne tient à sa main dénudée. C’est un tableau lumineux et froid qui dit la nostalgie des Annonciations flamboyantes de Fra Angélico. Théologie négative: nulle présence, ici, d’un ange qui dirait la Bonne Nouvelle à cette femme, limitée à la fonction triste de « l’Automat  » puisque c’est le titre que le peintre donne à sa toile, comme si la récente introduction des distributeurs automatiques de boissons dans les restaurants américains avait déteint sur elle, la réduisant à une chose sans âme. Elle pourrait, si elle sortait de son silence, dire ces vers du Coup de dés de Mallarmé :

« Rien n’aura eu lieu que

le lieu

dans ces parages du vague

en quoi toute réalité se dissout

excepté peut-être une constellation

froide d’oubli et de désuétude… »

Le charme Hopper.

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