Une enfance arraisonnée

Il a 2 ans, il a peur de l’aspirateur, de la tondeuse, des alarmes et du tracteur dans le champ, bref du bruit strident des machines qui déchire sa fine ouïe, fait claquer, à outrance, les portes fragiles de son frêle pavillon. Philosophe sans le savoir, ce petit est un petit étant qui barbote dans la source lumineuse de l’Etre mais que la Technique,- qui ne pense pas-, déjà, arraisonne.

Enfant à raisonner , sans doute mais que la Technique, d’emblée, arraisonne.

Il n’a droit au silence et à l’être-là de la Nature que ce qu’un ciel voilé,et privé d’étoiles, consent à lui donner dans sa nuit, bâche provisoire qui recouvre les étals du Marché avant leur réveil sous les lumières d’artifice et les flux incessants de l’argent.

Le poète dit que l’homme habite en poète sur cette terre, – celle d’avant la Technique sans doute, et qu’un enfant, trébuchant, pataud dans les rets d’une langue qui, peu à peu, le lient,- élève à son chant singulier, dans une lumineuse incantation, celle d’un vivant, à l’aurore de sa vie, qui donne au monde, aux êtres et aux choses, la profonde et délicieuse beauté de la toute petite enfance.

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s