Au pas de l’oie

Se taire, voilà la seule chance de survie pour le tout-petit que sa mère a réellement abandonné. Dans sa théorie de l’attachement, John Bowlby pense que la cause profonde de l’angoisse, ressentie par le nourrisson, pourrait, en écho aux temps très anciens, provenir du danger constant que les prédateurs représentaient pour les hommes des cavernes : l’enfant hurle à la mort car si sa mère ne revient pas dans deux minutes, c’est une hyène qui viendra l’emporter ! Puissance de l’Instinct impérieux chez l’oiseau migrateur qui bat des ailes et se meurtrit la poitrine contre les barreaux de sa cage quand la saison de la migration est venue. Mais que dire, selon un exemple de Darwin, rapporté par l’écrivain Chatwin, du délire ambulatoire de l’oie d’Audubon, qui, privée de ses ailerons, partit à pied pour accomplir son long voyage… La psychiatrie française aurait pu taxer de dromomanie, la fugue irrépressible de ce volatile dégénéré…Marcher au pas de l’oie, autre folie de la déambulation, guerrière cette fois, pour un drôle d’oiseau aux ailes gammées de fureur noire.

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