L’ordinaire du miracle

La règle, l’habitude dans l’ordre du témoignage, est que le plus souvent les hommes se trompent , soient trompés par leurs sens et leur souvenirs ou veuillent tromper leurs semblables.

Il faudrait un miracle pour qu’un témoignage humain échappe à cette observation générale.

Le petit Grégory flotte toujours dans les eaux troubles de la Vologne.

Bernadette dit avoir vu la Vierge dans sa grotte. On n’a jamais entendu la Vierge dire, à ses pieds, avoir vu Bernadette.

Des homme peuvent croupir des années en prison, voire, leur vie entière, sur un témoignage erroné ou malveillant.

Notre nature est ainsi faite que nous nous habituons à ce qui se répète. Comme le dit David Hume, on s’habitue à ce que les vieux meurent âgés et malades, plus rarement à ce que des jeunes décèdent et pas du tout au décès des petits enfants.

On n’appelle pas « miracle », l’observation de la répétition habituelle de cet ordre des choses.

Mais ce serait un miracle qu’un mort revienne à la vie : il faudrait , pour y croire, renoncer au principe d’accoutumance qui veut qu’un mort, d’habitude, ne ressuscite pas.

Il faut donc mettre, sur le même plan de l’accoutumance et de l’habitude, le caractère plausible d’un miracle et le caractère vraisemblable de la fiabilité du témoin qui le « rapporte » .

Entre les deux, la balance penche toujours vers ce qui se répète le plus habituellement.

Il serait donc « miraculeux », hors de l’accoutumance et de l’habitude, extraordinaire, que les témoins d’un fait, contrevenant aux lois habituellement observées de la nature, échappent à la règle générale qui accompagne le témoignage humain, à savoir l’erreur d’appréciation, la faiblesse de la mémoire, le caractère faillible des sens, l’intérêt personnel, la volonté de tromperie .

Il faut donc s’en tenir, quant au miracle, au calcul des probabilités, établi sur la régularité des lois de la physique : il est largement plus probable, en terme d’habitude, qu’un mort ne ressuscite pas plutôt qu’un témoignage ou un ensemble de témoignages puissent échapper au principe de faible vraisemblance qui le caractérise.

Il faut donc pour croire au miracle -qui est une violation des lois de la nature- s’appuyer déjà sur le miracle de la foi qui, elle aussi, déroge aux lois de la nature humaine car elle repose sur la confiance dans le témoignage des prophètes du Livre dont on sait ,- hommes avant d’être oracles-, combien la fiabilité de leur parole, doit, par définition, être mise en doute.

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