Nous, l’avion

Qui se moque du phobique de l’avion, terrorisé à l’idée d’être laissé seul et sans appui, suspendu pendant des heures en l’air, à la merci d’un coup dans l’aile ou à la panne subite d’un réacteur, ne voit-il donc pas qu’il est, tous les jours, et chaque seconde de sa vie, suspendu, lui- aussi, à une boule qui tourne 24h heures sur elle-même et autour du soleil, lancé, aveugle , dans l’infini d’un espace sidéral où, comme le dit Pascal, « nous voguons sur un milieu vaste, toujours incertains et flottants, poussés d’un bout vers l’autre. Quelque terme où nous pensions nous attacher et nous affermir, il branle et nous quitte ; et si nous le suivons, il échappe à nos prises, nous glisse et nous fuit d’une fuite éternelle. Rien ne s’arrête pour nous. C’est l’état qui nous est naturel, et toutefois le plus contraire à notre inclination ; nous brûlons de désir de trouver une assiette stable, et une dernière base constante pour y édifier une tour qui s’élève à l’infini ; mais tout notre fondement craque, et la terre s’ouvre jusqu’aux abîmes. »

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