Occasion de chute

Incandescente volute des vocables de cendre, fumée du verbe. C’est à la langue un Vésuve sur le flanc, petites laves noirâtres des traces de soi sur le papier, dont le critère n’est pas celui d’une écriture qui coulerait dans les pleins et les déliés du rougeoiement du sens mais qui s’arrêterait, fugace, aux aspérités d’un désir dont elle cherche, en vain, à cerner l’objet. Tête effondrée, qui bave sur ses bords, le cratère du volcan peut être l’effet d’une dépression, grossièrement elliptique de son sommet à la suite d’une explosion intérieure. S’affaisser sur soi. Empédocle, ce philosophe grec, qui ressuscite les morts, arrête les tempêtes et fait fuir la peste, va plus loin encore dans la dépression puisqu’il se suicide en se précipitant, la tête la première, dans l’Etna, lequel, bon prince, garde la dépouille et rejette sur la margelle poreuse de lave, une sandale de bronze du philosophe ! Une godasse comme vestige de soi. De la sandale au scandale, il n’y a que l’ajout d’un consonne, et, ironie de la langue, l’étymologie du skandalon grec définit ce terme comme : occasion de chute. Recracher, dans le feu et l’eau, la sandale d’airain du désespoir, scandale pour ceux qui ne voient pas que , dans la chute, la pesanteur tombe aussi et que la vie, limpide, s‘ épanouit par- dessus.

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