La Facel-Véga de Gaston Gallimard

La beauté vogue à son roulis : pas d’espace propre au vague à l’âme. Royauté du monde dans l’ombre des lys, caresse des archipels. Noces à Tipasa ! L’essence des absinthes sous la chaleur, le rose des bougainvillées, la blancheur des héliotropes. La joie au cœur dans le bourdonnement de la mer et des ruines. Tipasa ! Où est Tipasa quand, sur une route de l’Yonne, Camus, contre un arbre, se fracasse la tête dans la Facel-Véga de Gaston Gallimard ! Néant avant, pendant, après : vivre, c’est trois fois rien. Loin des dieux, des absinthes, et des livres, voici un homme qui découpe, en son jardin, un cerisier à la scie et s’endort, le soir, dans un bouquet de rêves. Le matin, dos au mur, s’écroule, foudroyé par une rupture d’anévrisme. Autre fleur du mal, voilà un homme, que son père, en un mot, meurtrit, et qui alors s’en va, tire l’échelle et, à la verrière, se pend. La vie ne tient pas debout et, dans la course à la mort, c’est la mélancolie qui tient la corde.

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