Les oiseaux de Perse

Ce n’est pas la manière dont le monde se présente qui peut poser problème mais seulement le fait qu’il soit. Dans l’obscurcissement du ciel, les oiseaux se donnent de l’aile vers l’azur, et cherchent, vifs, un trou de lumière. Ce n’est pas leur voltige ni leur circuit dément qui interrogent l’œil qu’on leur prête mais qu’ils soient, cette matière mobile, ces petits voiliers des courants ascendants, ces mâtures de plumes et d’innocence. Les nuages les prennent à rebours dans leur linceul de soie et les effacent soudain de leur mobile existence. Ascétisme du vol, dit Saint-John Perse, dans ses « Oiseaux », et si légère pour nous est la matière oiseau, qu’elle semble, à contre-feu du jour, portée jusqu’à l’incandescence. Que l’existence soit et qu’elle soit aussi volatile, voilà peut-être qui peut poser problème et non qu’elle prenne cette forme de vase ailé en forme d’urne, ce satellite infime de notre orbite planétaire.

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