Loup, où es-tu?

Quand Freud, voulant illustrer l’invincible agressivité de l’homme à l’égard de son prochain, reprend dans son Malaise, la célèbre image de Hobbes: l’homme est un loup pour l’homme, il infléchit, en fait, la portée du sombre constat porté sur l’humanité par l’auteur du Léviathan. Ce dernier est beaucoup plus noir et tranchant que l’inventeur de la psychanalyse qui donnait comme horizon à la réussite d’une cure la possibilité de passer d’une misère névrotique au malheur banal. Soutenir, en effet, que l’homme est un loup pour l’homme, c’est affirmer que l’être humain ne reconnaît pas, dans le visage qui lui fait face, un être de son espèce, un semblable. Mais un loup ! Ce qui vaut pour le genre humain vaut aussi au regard de la différence des sexes. Il reste une trace de ce retranchement dans le loup, porté par la femme masquée qui, lorsque la sauvagerie du désir l’ameute, s’avance vers celui qui jamais ne sera de son espèce : l’homme. 

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