L’amour, c’est louche

Les bêtes ne louchent pas. Pas de coquetterie dans l’œil de la vache qui arrache au pré le trèfle de son jeu de cartes végétales. Dans sa lettre à Chanut du 6 juin 1647,  Descartes explique sa passion pour les femmes louches en raison de l’attirance qu’il éprouva, enfant, pour une fille de son âge aux yeux égarés. Aussi, dit-il, lorsque nous sommes portés à aimer quelqu’un, sans connaître la cause de l’inclination qui nous porte vers lui, la raison en est qu’il y a quelque chose, en lui, qui ressemble à ce qui a été dans un autre objet que nous avons aimé auparavant. L’amour est toujours louche, qui s’amuse à la répétition, aussi longtemps que la cause de l’émoi infantile n’a pas été éclaircie. Quel petit garçon, à l’œil perdu, toucha, à ce point, Simone de Beauvoir pour qu’elle retrouve dans le regard oblique de Sartre le trouble qui l’avait saisie dans la ferveur amoureuse de ses jeunes années ?

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