L’Eucharistie, ça ne mange pas de pain

L’Eucharistie : le plus abracadabrantesque de tous les sacrements de l’Église catholique !

Reprise monomaniaque, dans la liturgie de la messe, du dernier repas de Jésus qui annonce sa passion, sa mort et sa résurrection en se donnant à la manducation de ses disciples sous les espèces du pain et du vin pour le salut du Genre Humain.

Transsubstantiation, disent-ils.

Soit, lors de la consécration du pain et du vin, l’opération suivante: toute la substance du pain est transformée en la substance du Corps du Christ et toute la substance du vin est changée en la substance de son Sang.

Les espèces restent les mêmes, la substance est modifiée .

Présence réelle, disent-ils.

Pas symbolique. C’est pas du flan : Il est bien présent sous la miche, bien vivant sous la vigne .

Cannibale attitude ! Un catholique végétarien peut-il communier sans entendre, sous la dent, craquer l’os de son Sauveur ?

Voltaire , dans son Dictionnaire philosophique s’en donne à coeur joie :

« Non seulement un dieu dans un pain, mais un dieu à la place du pain ; cent mille miettes de pain devenues en un instant autant de dieux, cette foule innombrable de dieux ne faisant qu’un seul dieu ; de la blancheur sans un corps blanc ; de la rondeur sans un corps rond ; du vin changé en sang, et qui a le goût du vin ; du pain qui est changé en chair et en fibres, et qui a le goût du pain : tout cela inspire tant d’horreur et de mépris aux ennemis de la religion catholique, apostolique et romaine, que cet excès d’horreur et de mépris s’est quelquefois changé en fureur.

Leur horreur augmente quand on leur dit qu’on voit tous les jours, dans les pays catholiques, des prêtres , des moines, qui sortant d’un lit incestueux et n’ayant pas encore lavé leurs mains souillées d’impuretés, vont faire des dieux par centaines, mangent et boivent leur dieu, chient et pissent leur dieu… »

Pape aux toilettes, Jésus aux oubliettes !

Il en faudrait moins aujourd’hui- mutatis mutandis– pour une fatwa Vaticane !

Le théologien moque alors à son tour l’ignorant railleur qui en reste, lui, à la trivialité de son expérience sensorielle : un corps , ça se voit, ça se touche, ça vit , ça meurt et se décompose: comment donc, sinon par magie, pourrait-il changer de substance !

Non, non ! Erreur sur toute la ligne ! Dans l’eucharistie, Ce n’est pas du corps du commun qu’il s’agit, de celui qui, comme tout le monde , est né de l’union d’une vierge et de l’Esprit-Saint, mais bien du corps glorieux du Ressuscité, celui qui a vaincu la mort et qui promet le même sort à qui croit en lui !

Ca change tout ! Pour le définir, St Paul parle d’un corps spirituel, soit un corps qui a l’apparence d’un corps classique mais qui est transformé par la Grâce !

Du jamais vu en corps.

En clair, on dirait du pain mais en fait c’est le Corps glorieux du ressuscité : les apparences sont les mêmes mais la substance a été modifiée.

Aussi, on ne doit plus attendre d’un corps spirituel qu’il offre les mêmes caractéristiques perceptibles que celles du corps lambda, soumis à la pesanteur et hermétique à la Grâce.

L’hostie déçoit.

A l’évidence , il n’y a rien à voir.

Pauvreté sémantique de la rondelle sur le plan visuel: elle ne révèle rien de sa véritable identité, la chair et le sang du Christ.

Quasi néant d’offre de sens, cette hostie.

On montre l’invisible en tant qu’invisible .

C’est un pur signifiant. L’équivalent d’un nom propre.

Les Québécois le savent, qui l’utilisent comme juron : « Hostie ! »

Thomas d’Aquin proclame que le sacrement est un signe qui réalise ce qu’il représente: « Je te baptise au nom du Père… » et l’enfant est baptisé.

Quand dire, c’est faire. Valeur performative de la parole.

Ferdinand de Saussure dit aussi, du mot, qu’il est un signe et même que le mot est le meurtre de la chose puisqu’il ne fait que la représenter sans jamais avoir besoin de sa présence réelle. Pas besoin, dans le discours, d’aller chercher un troupeau d’éléphants au Kenya pour dire qu’un éléphant, ça trompe énormément!

Pas besoin d’y voir, pour l’hostie, ca trompe immédiatement!

Elle ne renvoie même pas à un référent dans le réel : ni vu ni connu, la substance glisse sous la substance, le signifiant pain  sous le signifiant Corps, on se signe et le tour est joué!

Alors que du signifiant arbre, par exemple, on peut, dans le réel, s’accrocher, quand même, à quelques branches !

Luther dénonce la transsubstantiation comme un imaginaire qu’on prend pour un réel: l’hostie, loin de se produire comme présence virtuelle, symbolique, se présente, dans le catholicisme, comme si elle avait une consistance concrète.

Le Protestant, lui, établit la vérité : l’hostie, c’est du semblant comme tel.

Pas plus d’os à se mettre sous la dent que de corps spirituel à incorporer.

Pas d’amalgame: la Cène, et sa reproduction dans la liturgie, c’est purement symbolique.

Un mémorial, ça représente, ça ne fait pas exister.

La célébration du souvenir au monument aux morts ne redonne pas chair, par miracle, aux soldats disparus.

L’eucharistie, ça ne mange pas de pain: avec l’hostie, Dieu se barre dans le dé-corps.

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