Délices profondes

Le masculin ne l’emporte pas toujours sur le féminin, n’en déplaise aux thuriféraires de l’égalité des sexes qui vont, jusque dans la langue, traquer l’injustice faite aux femmes qui plieraient sous le joug de l’implacable seigneurie de l’orthographie du mâle.

Rimbaud le sait, lui, le rebelle, qui, aux voyelles, en fait voir de toutes les couleurs : Délices, au pluriel, est féminin ! C’est dans Une Saison en Enfer :

« C’est la Vie encore ! Plus tard les délices de la damnation seront plus profondes encore. Un crime, vite, que je tombe au néant, de par la loi humaine. »

Que les délices soient à la femme, le devin Tirésias le savait lui, qui seul, avait eu, dans sa vie, le privilège de connaître la double expérience des sexes : une fois homme, une fois femme.

A la question disputée par Zeus et Héra concernant lequel des deux sexes éprouvait le plus de jouissance, Tirésias répondit sans hésiter que s’il y a dix parts de plaisir, l’homme n’en éprouve qu’une et la femme, neuf !

En terme de jouissance, le féminin l’emporte sur le masculin!

A la vue de cette vérité qui devait rester cachée, Héra, furieuse, punit Tirésias de cécité.

Genre!

Qu’on laisse donc, en son palais, la langue en paix, qui se moque bien de préséance quand il ne s’agit, pour elle, que  du plaisir du texte!

 

 

 

 

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