Un bonheur catholique

Au journaliste l’interrogeant sur sa conception du bonheur, l’écrivain Thomas Bernhard, les bras largement ouverts et un sourire éclatant aux lèvres, répond qu’il est totalement heureux : de la main droite à la main gauche, de la tête jusqu’aux pieds ! Un bonheur en croix, dit-il, un bonheur catholique !

Sarcasme, cette ironie mordante, vient de sarx, en grec ancien: la chair. T. Bernhard bouffe, jusqu’à l’os, le porte-voix d’une telle inconvenance pour l’espèce humaine: l’idée même du bonheur !

La béatitude, c’est pour les chiens qui, répondant au sifflet du maître, salivent à l’ordre et frétillent de la queue à ses pieds.

Mais, dixit le dramaturge autrichien, pas de félicité en vue pour les hommes qui, sur leurs épaules, n’ont, pour leur salut, que la double traverse du poids de l’ennui et de la douleur de vivre, soit l’horizon de la croix.

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