Kant et sa besace à double fond

Tribu errante dans le monde des phénomènes, ma perception.

Impossible de sortir de moi pour voir comment serait le fleuve indépendamment de la vision que j’en ai. Seine qui, horde moi, coule aussi dans les yeux des autres, scène dont toute prunelle manque à saisir la basse-fosse qui la roule.

Si je forme, dans l’espace, l’image de l’eau que je perçois, je ne forme pas l’espace qui me permet sa conception.

Si je mesure dans le temps les pas qui me séparent de la rive, je ne crée pas le temps qui m’autorise ce calcul.

On peut faire table rase de tout ce qui occupe l’espace mais l’espace lui-même résiste à la razzia.

On peut effacer tous les souvenirs de la mémoire, mais on ne peut faire disparaître le temps même de leur disparition.

Espace, temps : petite besace à double fond pour le pèlerin du quant à soi.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s