A vue de nez

Le pape est le vicaire du Christ, son lieutenant, tout comme le nez est le vicaire du sexe, dans la théorie nasale des névroses de Wilhelm Fliess. Pour cet ami intime de Freud, il existe, en effet, une relation très étroite, sur un mode de projection isotopique, entre les muqueuses nasales et les organes génitaux, relation telle que chaque douleur, liée à l’appareil génital, est localisable sur un point précis du nez : cornet droit, cornet gauche… Sur un cornet inférieur droit fortement enflé, une dose de cocaïne, bien tempérée, fera disparaître les douleurs lombaires et oublier celles de la dysménorrhée. Il suffit de bien localiser la zone nasale appropriée et de la traiter à la cocaïne pour résorber, à distance, les troubles de l’appareil génital. Quel désir inconscient refoulé a bien pu guider la main de l’auteur de la Névrose nasale réflexe pour qu’il oublie, dans un remarquable acte manqué, un demi mètre de gaze dans la fosse nasale d’Emma Eckstein, avec le risque, à défaut de la guérir de son hystérie, de la conduire directement dans une autre fosse, rebelle à vue de nez, celle-ci, à toute ligne salvatrice de cocaïne ! Et que dire alors, par anticipation rétrospective, d’une intervention possible de ce Kepler de la biologie, selon l’expression même de Freud, sur l’appendice royal de Cléopâtre ou la truffe de Cyrano ?

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s