Ignace de Loyola et sa mule aux rênes lâches

Inigo de Loyola, chevauchant sa monture, en route pour Saragosse, croise un Maure, récemment converti. La conversation s’engage sur une question brûlante : la virginité de Marie. Le « nouveau chrétien » veut bien admettre qu’elle a conçu sans homme ni péché mais ne peut se résoudre à tenir pour acceptable, qu’ayant enfanté, elle soit restée vierge ! Inigo, la voix râpeuse et le regard en feu, argumente avec véhémence au point que le Maure, effrayé par ce cavalier,- peut-être lié à l’Inquisition-, prend brusquement le large dans un nuage de poussière théologique ! Resté seul, le chevalier de Loyola, s’en veut amèrement d’avoir laissé cet infidèle mettre en doute la vertu de la Vierge ! Pour restaurer l’honneur de Marie, il doit poignarder l’incrédule ! Mais faut-il recourir à la violence comme avant ? Avant, l’époque de sa jeunesse orageuse, celle des vanités du monde, où jusqu’à vingt-six ans, il s’est adonné au jeu, aux femmes et aux armes ! Entre temps, il aura eu la jambe droite fracassée au siège de Pampelune et le mollet de la jambe gauche arraché par le boulet d’une bouche à feu. Pendant sa longue convalescence, le dégoût le prend de sa vie mondaine et des choses de la chair, et s’enflammant pour Dieu, il entreprend de recopier de sa belle écriture de calligraphe, les fragments de ses lectures pieuses, retraçant en rouge les propos de Jésus et, en bleu, ceux de Marie. Aussi, lassé de tergiverser sur la décision à prendre concernant le sort du Maure, il décide de laisser aller sa mule avec les rênes lâches jusqu’au croisement où les chemins se séparent : d’un côté, celui du bourg ; de l’autre, le chemin royal qui, par Montserrat, doit le conduire jusqu’à Jérusalem ! Si la mule s’engage vers le bourg, les armes parleront. Si elle se décide pour la voie royale, l’hérétique sera épargné. Sagesse admirable de la mule qui opte pour la voie royale, préservant ainsi la vie du Maure. Mais étrange converti que cet Inigo qui laisse à sa bête le soin de déterminer s’il sera un assassin ou un simple passant ! Si le pape François, en émule d’Ignace de Loyola, laisse lâches les rênes de l’Eglise, quel foin dans la chrétienté !

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