Amare

Amare, de la latine, donne, en bout de chaîne aimer, en français. Les amarres ne doivent rien à l’ancrage étymologique du verbe amare, mais l’aimée, quand elle le largue, laisse à l’eau aller les larmes de celui dont elle ne veut plus qu’il tienne au quai de son coeur. Ferre l’amour, si tu le peux, quand l’abîme de l’abandon t’aspire à sa malédiction! Dans son De natura rerum, le poète latin Lucrèce évoque, les pieds sur le rivage, le bonheur sûr d’être au sol quand, sur la mer, l’esquif emporté par les flots laisse aux vagues des bras qui battent en vain  à la recherche d’un appui. Les corps d’âge, dans les liens défaits de la vieillesse, filent, uns, sans attaches sur la jetée nue. A marée, la basse, amare, quand, à l’infini, le sable humide cherche sa mer dont les plis vagues et les creux laissent au loin entendre le nécessaire retour, le largué cherche aussi celle  qui dans les lames, file déjà au large, le regard sur les flots traînant l’amure de la voile, et, dans son sillage, une écoute qui bat, glissement humide du dernier adieu à l’attachement.

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