Le chagrin de Descartes

René Descartes avait une fille, Francine,

Qui est morte, à cinq ans , de la scarlatine.

 

La mère de l’enfant, Hélène Jans, sa femme,

était la servante d’un libraire d’Amsterdam.

 

Sur la page de garde d’un livre, à la page quatre,

il note  la date de sa conception: 15 octobre 1634.

 

Ce ne fut pas pour lui chose ordinaire et banale

d’être le père d’une petite emportée par le mal.

 

A l’époque, il écrivait un traité sur l’optique,

un livre au nom étrange et bizarre: La Dioptrique.

 

Il travaillait aussi , avec soin, son Discours de la Méthode

pour trouver la vérité que, sans cesse, le doute  érode .

 

La médecine aussi est au nombre de  ses préoccupations

et , chaque jour, pour étudier l’anatomie et ses questions,

 

Il assiste à l’abattage des bêtes chez le boucher

pour emporter chez lui des  pièces à disséquer.

 

Et bientôt il pratiquera l’ouverture d’animaux vivants

pour suivre dans leurs veines le cheminement du sang.

 

Avec Francine, il a perçu la vanité et le peu des choses abstraites.

C’est la vie qu’il fouille de ses mains dans les entrailles des bêtes.

 

Devant le corps de la petite, maintenant tout couvert de pourpre,

lui, qui doute, pense et sait, chaque fois qu’il pense , qu’il existe,

lui, le philosophe, face à la mort sans nom, à la mort malpropre

pleurant toutes les larmes de son corps , s’effondre dans le triste.

 

 

 

 

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