Nuit cardinalice

C’est la nuit cardinalice, la pourpre efflorescence du végétal. Elle n’est pas de notre monde, c’est celle de la Volonté. L’autre non plus n’est pas de notre monde, celui dont on voudrait pourtant qu’il fasse de nous son élection, son renouveau. Mais il se déplace sur son propre territoire, son regard, sa voix, son corps sont à ses rêves, pas aux nôtres. Son sexe creuse sa différence, sa langue l’accentue. Le temps l’a défait par la torsion du souvenir, l’illusion d’une netteté de l’image que l’accumulation des jours n’aurait pas flétrie. Les mots sont pauvres, petites embarcations de peu de place pour le sentiment voyageur. La mer est vaste, si vaste étendue d’abris incertains et d’horizons trop lâches. Le vague à l’âme a sa bouteille à la mer, opaque transparence offerte à un destinataire, muré, lui aussi, dans sa propre représentation du monde.

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