Bavard

 Il semble que la coustume concède à la vieillesse plus de liberté de bavasser et d’indiscrétion à parler de soy.  Montaigne, les Essais, Livre II

Bave vient de bavasser, salive visqueuse, gruau des mots.

Bavarder n’est pas parler, écume à la bouche des mots de tête.

Le bavard- ce buvard du silence – a reconnu en lui sa logorrhée spontanée et, se branchant immédiatement sur son ça parle, se déverse du trop plein de sa langue .

Il veut que les mots aient le dernier mot.

Il veut faire passer le silence sous silence.

Avoir du débit, du bon grelot. Que ça sonne comme un hochet. On dit : moulin à parole, comme l’objet qui ne parle pas.

Babiller, être comme l’infans qui ne parle pas encore mais bave dans la bouillie des sons de l’indéterminé.

Dégoiser : qui sort du gosier. Pour les oiseaux. Bavard volatile qui débite, volubile, ses mots à la chaîne.

Bavard, drôle d’oiseau qui préfère, à la plume, le gosier et jabote.

A moins, jasant, de faire le jars et sa loi : troupe du caquet en sa bouche.

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