Matisse, sa toile

Matisse, sa toile. Sur la coupe, le bleu cobalt des pommes offre au verger l’étendue du ciel qui arrache l’arbre à son enracinement et lui donne tout le champ de l’azur. La nature morte signale toujours, dans le déséquilibre du fruit ou l’incertitude tremblante du vase, la pente qui, sans défaut, conduira aussi vers sa perte le regard conquérant du témoin. Les couleurs immobiles roulent dans le calice l’œil qui les capture, bouquet rondement mené de l’insolente beauté du fruit. Mais sur le temps arrêté de la carnation, il est temps de mûrir. Alors que, dans sa chute, la paresse d’une pomme a donné à Newton les lois de l’attraction universelle, jamais, cependant, la gravité de l’art ne fera tomber du tableau le fruit du seul génie et de la sueur.

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