Lapsus et peau de banane

Le finalisme est la théologie naturelle qui induit, de la perception d’un ordre dans les objets de la nature, la nécessité d’un plan qui l’aurait précédé. C’est l’exégèse du monde, ce grand livre offert à l’homme, seule créature capable d’y deviner les signes d’une Volonté Créatrice et d’un dessein intelligent. Freud, en matérialiste convaincu, reste néanmoins finaliste de tout en tout. Il suffit, pour cela, de changer les signes. L’inconscient est sa théologie naturelle qui lui permet de déchiffrer la nature humaine et d’en débrouiller les nœuds. De la perception du désordre névrotique, il conclura à la nécessité de l’inconscient comme cause explicative des méandres du psychisme humain, grand livre désormais ouvert à l’analyste, seule créature susceptible d’y découvrir les marques de la volonté destructrice de la pulsion de mort. Ce qu’on observe dans la peur irréfléchie du pygmée, aussi bien que dans sa reprise élaborée par le mythe, c’est qu’une intention habite chaque manifestation de la nature. Si la feuille du ficus elastica penche à gauche, c’est qu’un esprit malfaisant de la forêt s’apprête à lui nuire. La psychanalyse est aussi, à ce titre, une pratique animiste, la psychopathologie de la vie quotidienne troquant le caoutchouc pour la peau de banane du lapsus et de l’acte manqué

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