Extrait du Front de Wittgenstein

Je ne dis du monde que ce que le monde , en moi , mendie: des restes. Le monde n’est pas un miracle: je n’ai pas à m’étonner de l’existence du monde, car je ne puis imaginer qu’il puisse ne pas être. Ce qui est miraculeux, du monde, c’est que je puisse en énoncer les faits. Mais pas plus. Impossibilité de passer du domaine des faits au domaine des valeurs. Vouloir dire quelque chose de définitif du sens de la vie, c’est donner du front contre les bornes du langage.

C’est ça, l’éthique: donner du front contre les bornes du langage. Un mari, abandonné par sa femme, se tue et emporte avec lui ses deux petites filles dans la mort. On dira que c’est mal, mais ce jugement n’ajoutera rien à notre savoir. Rien, ici, n’aura été dit de vrai sinon la propension de l’esprit humain à vouloir donner du sens.

L’homme est mis en tropes mais il n’en veut rien savoir et déverse , à grands seaux, du sens sur l’univers qui l’englobe.

Le monde est indifférent.

Le monde est tout ce qui arrive et aucun jugement moral ne pourra en modifier l’ordonnance.

Le monde de la langue n’est pas la langue du monde.

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